Habitué aux rôles de personnages mythiques, Batman Moïse ou encore John Connor, l’acteur d’origine irlandaise se distingue surtout par la capacité à modifier son physique pour le besoin de ses rôles. Voici une interview de Christian Bale ainsi que des photos.

Vous incarnez Moïse dans Exodus. Qu’est-ce qui vous a donné envie d’accepter ce rôle ?

Ridley Scott. Cela fait des années qu’on parlait de bosser ensemble et cela ne s’était jamais concrétisé. Je pensais même qu’il m’avait oublié. Bref, quatre ans après notre dernière rencontre, Ridley débarque à la maison et me propose de jouer Moïse. J’ai éclaté de rire, je croyais à un gag. Quand il m’a dit qu’il était sérieux, je lui ai demandé s’il pensait faire un remake de Moïse dans l’espace, à la Blade Runner. Il m’a dit qu’il voulait retracer l’histoire de Moïse de l’Ancien Testament avec les épées, les sandales et tout le bazar. J’ai répondu banco !

Comment vous êtes-vous préparé pour ce rôle ?

J’ai regardé la comédie biblique La vie de Brian des Monty Python. Ridley Scott a choisi de mettre de côté des passages de la Bible qui, forcément, sont essentiels aux yeux de certains spectateurs. Mon but était de rendre Moïse le plus humain possible. L’essentiel d’Exodus est l’exploration des relations entre lui et Ramsès.

Quelle est votre perception de Moïse ?

Je pense qu’il était légèrement schizophrène et l’un des individus les plus barbares sur lesquels il m’a été donné de lire. Je respecte le fait qu’il soit un prophète important du judaïsme, de l’islam et du christianisme, mais Moïse était un paradoxe vivant. Il a fait des choses phénoménales, il a libéré ces esclaves. Un esclavagisme qui était une forme de génocide. Puis, en lisant la Torah, j’en ai appris plus sur le veau d’or et la réaction de Moïse. C’est un homme tourmenté et tumultueux qui s’est énormément confronté à Dieu et à son appel.

Est-il vrai que Ridley Scott vous a donné l’envie de jouer de nouveau alors que vous étiez prêt à raccrocher ?

Disons que j’adore ne pas travailler. Je peux enchaîner les films mais, dès que je prends plusieurs mois de recul, je n’ai plus du tout l’envie d’être devant des caméras. Il me faut un excellent projet ou un réalisateur qui m’intrigue pour retourner à la mine.

Qu’aimez-vous faire de votre temps libre ?

J’adore accompagner ma fille Emmeline, 9 ans, à l’école et être à la maison à son retour. Il n’y a rien de mieux à mes yeux que d’être disponible pour ma famille. Ma fille pense même que je suis trop présent par moments.

Vous aviez critiqué George Clooney, qui se plaignait de l’intrusion des paparazzi dans sa vie privée. Pourquoi ?

Je ne voulais blesser personne, et je me suis excusé auprès de Clooney, que je respecte. Pour moi, un acteur n’a pas le droit de se plaindre s’il choisit un métier public. En ce qui me concerne, je disparais dès que je n’ai pas à parler d’un nouveau film. Je fuis les sorties et je me consacre à ma famille.

Vous dites aussi être jaloux de Ben Affleck, qui vous a succédé dans le rôle de Batman. Regrettez-vous votre décision d’abandonner le costume du superhéros ?

J’avais pris la décision de passer à autre chose, mais je n’aurais jamais pensé que cela irait aussi vite. La vérité est que personne ne m’a jamais demandé si j’étais prêt à reprendre la panoplie de Batman.

Quels conseils avez-vous donné à votre successeur ?

Un seul : s’assurer que le costume de Batman soit assez pratique pour lui permettre de faire pipi sans l’aide d’un assistant !

Est-il exact que vous ne vous trouvez pas beau ?

Vrai et c’est mieux ainsi. Je n’ai pas l’apparence d’une star de Hollywood, et je ne suis pas dans le classement des plus beaux gars du showbiz. Heureusement. Cela me permet de me glisser dans la peau de personnages très différents d’un film à l’autre. Avant le tournage d’Exodus, mon corps ressemblait davantage à celui du Père Noël qu’à celui d’un athlète. J’avais pris 18 kilos pour American Bluff et je m’étais rasé la tête. Heureusement que la tunique de Moïse cachait mon ventre rond!

Aimeriez-vous incarner un autre superhéros?

Certainement pas. J’aurais l’impression d’être une caricature de moi-même si j’acceptais d’enfiler une autre combinaison de super­héros. Je n’ai pas lu une seule BD ni vu un seul film de superhéros depuis que j’ai arrêté Batman. Il était temps pour moi de me vider la tête.

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