Chez Citroën, on aime bien se remémorer son glorieux passé mais en réutilisant les noms, pas le style comme l’a si bien réussi Fiat avec sa 500 ou Mini. Après C4, C6, DS et Méhari, voici l’Ami. Pour ce nouveau concept, électrique évidemment, les Chevrons mettent en avant un joli petit engin mais qui a un goût de déjà vu. Et puis, un concept de plus, bof, bof… Heureusement, l’engin recèle nombre d’astuces que l’on ne décèle pas au premier coup d’oeil.

Cette Ami One rappelle la Toyota iQ et plus généralement les KeyCars qui pullulent au Japon. Heureusement pour Citroën, elles sont inconnues en Europe. On note quand même le retour du satellite de commande, autre réminiscence du passé Citroën.

Bon, reprenons avec cette Ami. Pour célébrer son centenaire, Citroën présentera en 2019 deux concept-cars. Ami One est le premier, il met à l’honneur la mobilité urbaine. Un second suivra en mai avec pour thème l’ultra confort.

Cet objet roulant entre dans la législation des quadricycles à moteur. Sa vitesse maxi est de 45 km/h et il se conduit sans permis à partir de 14 ans. Long de 2.50 m pour une hauteur et une largeur de 1.50 m, il dispose d’une autonomie de 100 km. Logées sous le plancher, ses batteries de type lithium ion se rechargent en deux heures. Si vous êtes pressés, vous disposerez déjà au bout d’une heure de charge d’un confortable rayon d’action de 50 km si vous ne roulez qu’en ville. De toute façon, avec 45 km/h en pointe, il faudra être un peu taché pour s’aventurer ailleurs.

Effet d’optique, vu de loin la Citroën Ami One parait cubique et lorsqu’on s’en approche, elle devient de plus en plus ronde. Le designer de la partie extérieure, Pierre Icard, qui a œuvré sur les Nemo et Berlingo, a réussi le tour de force de proposer un véhicule intégrant le maximum d’éléments symétriques.

Moins de pièces à fabriquer, c’est une logique industrielle imparable pour réduire les coûts, ce que fait Dacia depuis des années et même, plus surprenant, Bentley, tout du moins pour la planche de bord. La réduction du nombre de pièces permet de limiter la masse de l’engin à 450 kg. C’est pour cette raison qu’il n’y pas de hayon pour accéder au coffre. Les bagages seront chargés depuis l’habitacle en basculant les sièges. Comme dans bon nombre d’autos d’avant guerre mais là, Citroën aurait mieux fait d’oublier son passé.

Comme toute automobile, la Citroën Ami One est symétrique longitudinalement. Le côté gauche et le côté droit, à la trappe pour la prise de recharge près, sont identiques. C’est toute l’astuce parce que cela ne saute pas immédiatement aux yeux, transversalement parlant soit entre la partie avant et la partie arrière.

Seuls le pare brise et la lunette arrière diffèrent car leurs fonctions ne sont pas les mêmes. Le nez busqué évoque un peu le Type H. Les quatre ailes, les plastrons orange à l’avant comme à l’arrière et les portes sont parfaitement interchangeables.

Le Citroën Ami One répond parfaitement à l’idée d’une voiture essentielle et simple, ce qu’avait loupé le Cactus. Il dispose de vitres latérales glissant manuellement dans les portières, de rétroviseurs à réglage manuel et d’un toit ouvrant en toile que l’on bascule à la main autour d’un axe, comme sur une 2CV. C’est simple et efficace. Mais l’Ami One n’est pas un véhicule dépouillé. Il ne lui manque rien en termes de connectivité et d’équipement high tech.

Un smartphone sert d’interface avec le véhicule. Il suffit de le glisser dans un logement derrière le volant. Il se recharge par induction tandis que l’affichage sur l’écran est projeté sur une lamelle de verre pour une fonction tête haute.

Pour prendre place à bord du concept Ami One, on ouvre une large porte antagoniste à l’aide d’une sangle intégrée à la platine de fixation du rétroviseur. Une porte suicide qui peut évoquer celles des toutes premières Citroën 2CV ou plus récemment celles de l’Opel Meriva B. Vaste et lumineux, l’habitacle est organisé autour de deux sièges. L’assise est moelleuse et généreuse, le dossier est épuré avec un maillage en 3D. Il n’y pas de moquette au sol, on trouve à la place un matériau plastique facilement lavable… comme sur la Méhari, la vraie, pas l’horreur de Bolloré.

Une dalle qui recèle uniquement les informations nécessaires à la conduite. Minimal ne veut pas dire ennuyeux, une animation graphique donne vie au véhicule. Il fait des signes à son conducteur à l’instar d’un Tamagotchi, cet animal virtuel horripilant de la fin des années 1990 capable d’émotions pixelisées et a qui on avait vite envie de coller des baffes.

Assis en retrait afin de dégager de l’espace à ses pieds, le passager fait face à un compartiment pouvant loger un bagage cabine et un sac. Le Citroën Ami One se veut tout aussi minimaliste et novateur que l’était la Citroën 2CV en son temps mais elle, au moins, atteignait quand même les 100 km/h.

En voyant ce concept car Citroën Ami One, on pense à un autre concept Citroën, l’Osmose qui avait une longueur de 3.35 m et 5 places, datant de 2000. L’idée du véhicule partagé et de l’écomobilité est commune aux deux véhicules. L’Ami One propose une taille plus raisonnable, tout à fait adaptée aux exigences de la circulation urbaine actuelle.

Compact, ce concept peut être stationné perpendiculairement au trottoir, comme les Smart de première génération. En tant que quadricycle à moteur, l’Ami One rappelle aussi le Peugeot BB1 de 2009 mais le Citroën a l’intelligence de ne pas vouloir ressembler à tout prix à une automobile, ce qu’il n’est légalement pas. Ceci dit, si vous voulez encore plus minimaliste, autant y aller à fond, il existe un certain Renault Twizy qui, lui, est fabriqué en série.

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