Une Countach est plus qu’une simple voiture, c’est un véritable événement. Après la beauté gracieuse de la Miura, Lamborghini arrivait avec quelque chose de percutant et d’un peu effrayant. Le style angulaire de Marcello Gandini avait été aperçu pour la première fois à l’occasion du Salon de Genève 1971 et est passé à la réalité de la production trois ans plus tard à l’époque où Ferruccio Lamborghini était contraint de vendre sa société automobile à Georges Henri Rossetti et René Leimer.

Le V12 était conservé, incliné à 90 degrés et monté longitudinalement d’où l’appellation LP400 pour longitudinal postérieur. La Countach allait être plus tard améliorée avec un plus gros moteur et une carrosserie de plus en plus audacieuse et la production ralentissait de plus en plus, à mesure que la compagnie rencontrait des problèmes financiers toujours plus importants.

Lamborghini était mise en liquidation en 1978 et revenait en 1980 sous la propriété de Patrick et Jean-Luc Mimran. Contre toute attente, la Countach survivait à cette période trouble et demeurait en production pour plus de 15 années encore. Il s’agit de la voiture emblématique d’une génération de fans de supercars, dramatique et intransigeante. Si vous n’achetez pas précautionneusement, le rêve pourrait rapidement tourner en un cauchemar des plus onéreux.

Au cours de la production de la Countach, le V12 a grandi d’une cylindrée de 3 929 cm3 à 4 754 cm3 puis finalement à 5 167 cm3. La dernière mouture était dotée de quatre soupapes par cylindres et disposait toujours de carburateurs partout ailleurs qu’aux USA. Pour le marché américain, on retrouvait une injection Bosch K Jetronic.

Il s’agit d’un moteur puissant à condition qu’on en ait pris soin. Le jeu de soupapes doit être vérifié tous les 10 000 km environ et c’est un travail très prenant. Les carburateurs ont besoin d’être enlevés et toute l’opération peut prendre plusieurs jours. L’usure de l’arbre à cames peut être un problème pour les modèles les plus anciens, des ajustements de cales réguliers ayant souvent été effectué à la place d’un remplacement pur et simple mais la plupart ont résolu ce problème.

Le moteur utilise énormément d’huile, 16 litres et si la pression peut être basse sur la jauge au ralenti, 6 bars est une bonne mesure en phase de roulage. Elle doit être changée tous les 3 500 km et les premières Countach utilisaient un filtre en papier. Il est vital que le collier de serrage soit en place afin d’empêcher l’huile usagée de passer outre et ainsi endommager le moteur.

Le pack d’allumage Marelli d’origine sur les blocs 4 754 cm3 et 5 167 cm3 est réputé pour causer des problèmes, un remplacement par des éléments modernes peut résoudre les soucis liés aux étincelles. La température du liquide de refroidissement devrait atteindre les 90 degrés, les ventilateurs se coupant au delà de cette mesure.

Le châssis de la Countach est fait d’un ensemble tubulaire complexe fait de panneaux d’aluminium fabriqués à la main autour d’une structure tubulaire. Les tubes du châssis peuvent rouiller et même les panneaux d’aluminium peuvent être attaqués par la corrosion. Vérifiez l’extrémité arrière de l’aileron avant et partout où des extensions en fibre de verre sont attachées. Traquez les panneaux bosselés ou les mauvais ajustements de porte qui pourraient trahir le fait que la voiture a eu un accident.

Même si seulement 238 modèles LP400S ont été construits entre 1978 et 1982, ils ont été divisés en trois séries. La dernière série de LP400S disposait d’une carrosserie plus haute de trois centimètres afin d’améliorer l’espace intérieur et ceci fut conservé pour les Countach ayant suivi. En raison de leur fabrication faite à la main, restaurer la carrosserie d’une Countach prend énormément de temps et s’avère onéreux, la disponibilité des panneaux est de manière assez surprenante assez bonne.

L’intérieur est tout autant anguleux que l’extérieur avec toutes les jauges alignées sur une ligne. Les plus petits conducteurs n’auront pas trop de mal à se sentir à l’aise, ceux qui ont de plus grands pieds auront davantage de problèmes. Les sièges garnis de cuir sont souples mais fermes à la fois.

Dans l’habitacle, la température peut vite grimper et seul la vitre inférieure latérale s’ouvre et pas totalement. C’est pourquoi il est vital que l’air conditionné fonctionne. Assurez vous que le système fait du froid comme il doit le faire.

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