Bien que moins médiatisé que la Formule 1, le rallye, aujourd’hui appelé WRC, n’en reste pas moins un rude laboratoire d’essais pour les constructeurs et nombre de modèles ayant disputé cette compétition sont aujourd’hui devenus mythiques.

Avant même la création du championnat du monde en 1973 pour le titre des constructeurs et en 1979 pour celui des pilotes, certains modèles entrent dans la légende comme la Mini Cooper S, pourtant pas taillée à l’origine pour la compétition. Par la suite, Alpine se fait un nom grâce à sa berlinette A110 avant que les constructeurs italiens ne sortent le grand jeu à compter de la saison 1974. Pendant trois ans, Lancia fait la loi avec la Stratos avant d’être relayé par la Fiat 131 Abarth.

Au début des années 1980 vient la glorieuse époque des monstrueuses Groupe B, à commencer par la première voiture homologuée dans cette catégorie, la Lancia Rally 037, une propulsion. Par la suite, l’Audi Sport Quattro capitalise sur ses quatre roues motrices pour imposer sa suprématie avant l’arrivée de Peugeot. La course à la performance donne lieu à des monstres à la fois légers et puissants dont l’aérodynamique évolue très vite. Le point d’orgue est atteint en 1985, entre l’Audi Sport Quattro S1 de 550 ch pour 1090 kg et la Peugeot 205 T16 de plus de 450 ch pour seulement 910 kg. Hélas, l’année suivante, une série d’accidents tragiques marque la fin de ces voitures. Après la Delta S4, Lancia se maintient néanmoins au plus haut niveau en Groupe A, avec la Delta HF 4WD puis la Delta Integrale. Il faut dire que la marque italienne était la seule à disposer d’un modèle homologué en groupe A, ce qui lui facilita grandement la tâche.

Les excès du Groupe B font partie du passé et les modèles sont redescendus sous le seuil des 400 chevaux. Au cours des années 1990, le soleil du rallye se lève presque exclusivement sur les constructeurs japonais. En premier, Toyota, dont la Celica Turbo 4WD permet à trois pilotes différents d’êtres titrés à la suite, Carlos Sainz en 1992, Juha Kankkunen en 1993 et Didier Auriol en 1994. A l’inverse, la Mitsubishi Lancer Evo est exclusivement associée à Tommi Mäkinen, sacré quatre fois de suite à la fin du siècle. Même si son palmarès est moins riche, la Subaru Impreza 555 reste dans les mémoires pour l’élégance de son comportement et le titre décroché sur le sol britannique par Colin McRae.

Moins spectaculaires à voir passer que leurs aînées, les voitures de rallye du 21ème siècle gagnent néanmoins en efficacité de liaison au sol et en performances pures. Après les japonaises, ce sont les françaises qui raflent quasiment tout sur la scène mondiale par le biais de deux modèles au gabarit contenu. Jusqu’en 2002, Peugeot est titré avec la 206 WRC pilotée par Marcus Grönholm. L’année suivante, Citroën décroche le Graal avec la Xsara WRC tandis que Sébastien Loeb doit attendre la saison 2004 pour célébrer son premier sacre. De ses neuf titres, l’Alsacien en conquiert trois avec la Xsara. De 2013 à 2016, Sébastien Ogier en aligne quatre au volant de la Volkswagen Polo R WRC, une voiture au palmarès impressionnant à défaut de figurer en bonne place dans le cœur des puristes.

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