Né le 2 février 1926 à Coblence en Allemagne, Valéry Giscard d’Estaing est devenu président de la République Française en 1974. A 48 ans, il devenait, alors, le plus jeune président, record battu par Emmanuel Macron arrivé à l’Élysée à 39 ans et incarnait une modernité remarquée. L’homme fera notamment voter sous son septennat l’abaissement de la majorité de 21 à 18 ans, la dépénalisation de l’IVG, le divorce par consentement mutuel ou encore le développement des TGV. Il appréciait moins l’automobile que son prédécesseur Georges Pompidou. Toutefois, il a eu plusieurs véhicules pendant sa vie politique et publique et semblait même exigeant. Il a notamment été vu au volant de ses voitures personnelles, Renault 6, Peugeot 505, 305 break… avant les élections ou dans ses propriétés en Auvergne.

A son entrée à l’Élysée, il roule en Citroën DS 23ie noire intérieur noir. Immatriculée 691 APR 75, elle le suit pendant deux ans avant d’être remisée au garage élyséen. Elle sera ensuite vendue à un collectionneur qui l’exposera dans un musée des voitures de chefs d’État. A la fermeture de celui-ci, en 2010, c’est un ressortissant des Émirats Arabes Unis qui la rachète lors de la vente Artcurial à Rétromobile en 2011. A l’époque, elle avait un peu plus de 88 000 km et s’est échangée pour 37 741 €.

Le début de son septennat se fait donc en Citroën DS et il reprend parfois les deux Citroën SM découvrables commandées par Georges Pompidou son prédécesseur. Celles-ci sont surtout utilisées pour les cérémonies officielles. Pour remplacer la DS à la vie quotidienne, c’est logiquement une Citroën CX qui est envisagée. Pourtant, à partir de 1976, Giscard lui préfère une Peugeot 604. Plutôt grand avec son mètre 89, il choisit la Lionne pour sa place à l’arrière. La 604 a déjà une image de voiture de patron mais elle devient aussi une voiture présidentielle. Elle est même rallongée pour l’occasion avec une version Limousine transformée par Heuliez. Celle-ci est aujourd’hui remisée dans les réserves de Peugeot.

La 604 de Giscard se distingue aussi par sa couleur Vert Mousse au lieu du noir habituel. Quatre Peugeot 604 seront commandées, la plupart avec une plaque commençant par son chiffre fétiche 691. L’explication vient d’un accident de voiture duquel VGE serait sorti indemne et dont la plaque commençait par ces chiffres. La Citroën CX Prestige, commandée quelques mois après la 604, ne lui conviendra pas malgré des ajustements réalisés sur le pavillon par la marque. Elle sera cantonnée au rôle officiel tandis que la 604 deviendra son véhicule principal et privé à cause du manque de toit ouvrant. Elle servait notamment les jours de vote ou lors de vacances au Fort de Brégançon. Il affirmait par ailleurs aimer la conduire lui-même. Il la gardera jusqu’à la fin de son mandat en 1981 et quittera l’Élysée dans ce même modèle lors de la cérémonie d’investiture de son successeur. François Mitterrand utilisera également les 604 avant de passer chez Renault.

Même après son mandat, Valéry Giscard d’Estaing continuera d’être fidèle à la marque au Lion. Dans ses postes de député européen, de président du conseil régional d’Auvergne ou bien de député du Puy de Dôme, il privilégiera, le plus souvent possible, les berlines Peugeot. A la ville, l’homme se déplacera dans des Peugeot quasi exclusivement. Dans les années 2000, il s’offre notamment l’héritière de la 604 qu’il aimait, avec une Peugeot 607 vert bouteille. Moins exclusive, une Peugeot 206 SW grise l’accompagnera également dans les dernières années de sa vie.

Tags: