Un carnaval au mois d’août, il n’y a que les anglais pour faire ça. Le carnaval de Notting Hill revient à la fin du mois d’août pour la 52ème fois. En deux jours, environ deux millions de personnes devraient avaler 25 000 litres de rhum et cinq tonnes de poulet à la jamaïcaine .

Le joyau du carnaval, le défilé de renommée mondiale paraît il, verra des centaines de danseurs se serrer les coudes dans un spectacle rivalisant avec delui de Rio.

Il semble peut être curieux qu’un petit coin de l’ouest de Londres vienne organiser un tel événement et devrait, pour un week end au moins, être l’épicentre d’une célébration de la culture caribéenne. Ses origines sont multiples, l’impact de la seconde guerre mondiale a été dévastateur sur la main d’œuvre britannique et le pays a fait le tour du monde en accueillant volontiers les immigrants.

Dans les années 1950, Notting Hill et Brixton possédaient d’énormes populations antillaises. En fait, les deux zones sont devenues énormément surpeuplées et les conditions étaient médiocres, la pauvreté faisait obstacle à tous les immeubles locatifs. Il n’y avait pas d’eau chaude, pas d’électricité, mais Londres était en train de craquer avec le malaise social et les tensions raciales. Les Blancs de la classe ouvrière s’affrontaient farouchement avec leurs nouveaux voisins et en 1958, les émeutes raciales firent plus de ravages, du 30 août au 5 septembre, des bandes de Teddy Boys blancs vandalisèrent des maisons et combattirent avec des résidents noirs.

Plus tard, en 1959, le charpentier antiguais Kelso Cochrane fut assassiné dans une attaque à motivation raciste. Mais l’ambiance a commencé à se dégager car ces provocations se sont révélées être un catalyseur du changement et c’est à partir de là que le premier Carnaval de Notting Hill est né pour dénouer le malaise et promouvoir l’intégration. Notting Hill est devenu, littéralement, un lieu où les Londoniens trouvent un terrain d’entente.

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