C’était une société désespérément pauvre où l’espérance de vie ne dépassait pas 27 ans, son niveau le plus bas depuis l’épidémie de peste noire. Ces photographies d’archives du vieux Glasgow prises à l’époque victorienne entre 1868 et 1871 témoignent des conditions lamentables et crasseuses dans lesquelles vivaient les pauvres qui luttaient pour leur survie. La région est devenue extrêmement surpeuplée dans les années 1840 en raison de l’industrialisation rapide qui a poussé les travailleurs ruraux à s’établir dans la ville ainsi que d’une immigration à grande échelle impliquant particulièrement les Irlandais.

Le vieux Glasgow était autrefois une partie riche de la ville abritant des marchands de tabac et de salaisons de poisson mais sa surpopulation conduisit à un système de ticket d’attribution de logement régit par une loi de 1862 limitant en plus le nombre d’occupants. Les pauvres vivaient dans des allées connues sous le nom de close and wynds où plusieurs personnes partageaient une pièce sans lumière ni toilettes et ces terribles circonstances ont incité le conseil municipal de Glasgow à nettoyer la ville. La population de Glasgow en 1811 était de 100 000 habitants mais dans les années 1840, elle avait triplé pour atteindre 300 000 habitants. Le City Improvement Trust a chargé le photographe Thomas Annan, en 1866, d’immortaliser le quartier avant sa démolition.

Au début, les autorités se sont concentrées sur l’approvisionnement en eau potable dans le but d’améliorer les conditions insalubres à l’origine de plusieurs épidémies de choléra et de typhoïde avant la mise en œuvre du plan de démolition des taudis. La plupart des images de Thomas Annan montrent que les allées sont désertes ou peu fréquentées, ce qui s’explique en partie par les limites techniques des premières photographies qui impliquaient de longues durées d’exposition pouvant aller jusqu’à dix minutes. Cela rendait difficile la photographie de personnes car le mouvement produisait des images fantômes et l’absence de flash, arrivé en 1887, signifiait qu’une lumière insuffisante rendait impossible la photographie d’intérieurs.

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