Le prédécesseur de la deuxième Kadett d’après guerre présentée en septembre 1965 avait eu du succès car 650 000 Kadett A avaient été construites en trois ans. L’adversaire de la Coccinelle de Volkswagen avait su convaincre par sa robustesse, sa fiabilité et son apparence moderne. Mais elle récoltait également des critiques, surtout en raison de l’espace relativement limité qu’elle offrait, de sa suspension dure et de sa charge utile inférieure à celle de sa concurrente.

Après seulement trois ans, alors que la fabrication de la Coccinelle demeurait en grande partie inchangée depuis près de 20 ans, Opel a revu son modèle et a sorti une Kadett plus grande. Le designer en chef d’Opel, Hans Mersheimer, a parlé de gonflette. Avec 18 cm de plus en longueur et 13 cm de plus en largeur, la Kadett mesurait désormais 4.18 × 1.57 × 1.397 mètres. Pour l’espace du coffre, l’équipe de marketing d’Opel parlait même de grenier à bagages ! La contenance entre la roue de secours et le réservoir à l’arrière était de 348 litres, nettement plus que celle de la Coccinelle qui ne proposait qu’un petit compartiment sous le capot avant, la faute à l’emplacement du moteur en porte à faux arrière.

La ligne plus moderne avec un pare-brise plat présentait surtout des avantages pour les occupants du véhicule qui profitaient désormais d’une largeur d’1.27 mètre à l’avant et offrait également plus de place à l’arrière. Coté technique, elle avait bien progressé malgré la présence de la propulsion et de l’antique essieu arrière rigide. Elle disposait d’une cylindrée un peu plus grosse et Opel avait apporté des améliorations au niveau du châssis.Tout cela était suffisant pour atteindre une vitesse de pointe de 130 km/h et pour passer de 0 à 100 km/h en 22 secondes. De quoi dépasser tout le monde sur l’autoroute… à l’époque !

Quand on s’assoie dans une Opel Kadett B 1100 de 1971, on sent tout de suite que l’on est dans une voiture qui a presque 50 ans. La finesse des branches du volant en pure bakélite permet d’avoir une vue sans entrave sur l’équipement peu fourni du tableau de bord, avec un compteur de vitesse et une horloge ainsi que des voyants du liquide de refroidissement et de l’essence. La fonction des quelques commutateurs est claire et ne laisse planer aucun doute. Une seule vitesse d’entraînement d’essuie-glace devait suffire et pour le nettoyage et il existe une pompe à pied pour envoyer le lave-glace sur le pare-brise. Les pédales sont suspendues, contrairement à celles de la Coccinelle, qui sont posées au sol et pour les automobilistes modernes, la Kadett est à la fois claire et compacte, même si les critères de jugement étaient différents à l’époque.

La Kadett se conduit avec aisance, le levier de vitesse en H n’a de mystère pour personne. Comparé à la Coccinelle, on ne perçoit que très peu le bruit du moteur qui n’a pas non plus forcément de quoi convaincre par sa qualité symphonique. La Kadett offre, aujourd’hui encore, une vitesse satisfaisante sur les routes de campagne et en plus, une certaine maniabilité. Difficile de juger si le slogan publicitaire de l’époque Kadett-Fahrer muss einfach jeder mögen, soit Personne ne résiste à un conducteur de Kadett dit vrai mais du point de vue d’un conducteur de voiture ancienne, il n’y a pas grand chose à reprocher à cette Kadett B.

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