Contrairement aux voitures destinées au grand public, les utilitaires tournés vers les professionnels ont une durée de vie plus longue. Le précédent Kangoo, de seconde génération, aura donc attendu 13 ans pour partir à la retraite, ce qui est très long et se faisait logiquement sentir.

Pour cette troisième génération, Renault renie le néologisme ludospace qu’il avait lui-même créé lors du lancement de la première génération en 1997. Il lui préfère désormais le terme de combispace, comme pour dire que le nouveau venu se veut moins ludique que ses prédécesseurs. Conformes au concept Z.E. dévoilé en avril 2019, ses lignes se font bien plus anguleuses. Finie l’impression d’avoir affaire à un gros jouet Playmobil. Ce changement de vocabulaire prépare aussi le Kangoo à un nouveau rôle, celui d’occuper le terrain qui sera bientôt laissé vacant par le Scénic 4, un monospace compact en fin de carrière et privé de diesel dès 2021 et qui n’aura pas de successeur.

Pour réaliser cela, la variante destinée aux particuliers a été développée conjointement à l’utilitaire en faisant l’objet de nombreuses attentions. Si le levier de vitesses reste haut perché, la planche de bord évoque donc de moins en moins une simple fourgonnette aménagée. Elle est désormais surplombée par un large écran tactile, accompagné de touches de raccourci, reçoit le même volant multifonction ou les mêmes molettes que les Clio ou Captur et peut même s’offrir un placage façon bois précieux face au passager avant. La palette des aides à la conduite est mise à jour alors que la qualité de fabrication s’annonce bien plus soignée qu’auparavant. Autant de progrès dont bénéficiera aussi le futur faux jumeau badgé Mercedes, le Classe T, ainsi que son dérivé électrique EQT.

L’originale ouverture latérale sans pied milieu reste réservée à la version utilitaire, tout comme le choix entre deux longueurs de carrosseries. Les familles nombreuses ne pourront ainsi sans doute pas compter sur ce Kangoo 3 pour remplacer leur Grand Scénic puisque cette déclinaison combispace sera seulement disponible en cinq places. Un léger handicap face aux Citroën Berlingo et Peugeot Rifter qui offrent davantage de possibilités. En contrepartie , le dernier né de Renault pourra toujours arguer qu’il reste toujours assemblé en France, à Maubeuge, alors que ses rivaux préfèrent l’Espagne et le Portugal. Le Kangoo sera aussi désormais épaulé par un revenant, l’Express, qui sera fabriqué au Maroc. En Europe occidentale, seule la version utilitaire de cet ancien Dacia Dokker recarrossé et modernisé sera proposée.

Commercialisée en mars, cette troisième génération de Kangoo ne sera dévoilée en détails qu’en février prochain. Pour l’heure, la marque ne dévoile que peu d’images et se montre peu bavarde à son sujet, il faudra attendre quelques mois pour découvrir sa gamme et ses prix. Curieusement, il ne profitera pas de la technologie hybride E-Tech étrennée par les Clio, Captur et Mégane. Outre des versions 100 % électriques, il comptera sur deux diesels 1.5 Blue dCi 95 et 115 ch, ainsi que sur le quatre cylindres 1.3 turbo essence. Mais c’est surtout sous la carrosserie qu’il y aura du nouveau avec l’adoption de la moderne plate forme CMF-C déjà employée par le Scénic 4. Un nouveau signe que ce combispace est bien le remplaçant indirect du monospace compact Renault.

Le cas de la version utilitaire est différent. L’Express revient au sein de la gamme Renault. Cet utilitaire, sur base de Renault 5 et fait moins connu, il avait légué sa plate forme technique à la première Twingo, avait été proposé au catalogue de la marque entre 1985 et 2000 et poussé peu à peu vers la sortie par le Kangoo. N’allez toutefois pas croire que l’Express nouvelle génération essaie de prendre sa revanche aujourd’hui en déboulonnant le Kangoo. En effet, ce dernier est renouvelé, comme nous l’avons vu auparabant et l’Express vient étoffer le catalogue Renault en entrée de gamme.

Le Kangoo troisième génération va prendre du galon avec l’absence de montant central et présentation plus soignée. Tout ceci aura un impact sur le prix de vente du modèle. Pour continuer à proposer un modèle à un prix attractif, Renault a eu l’idée de proposer l’Express. Si le look est celui du Kangoo 3, notamment dans sa partie avant, le reste est totalement différent. En effet, l’Express repose sur la plateforme du Dacia Dokker et sera fabriqué dans l’usine de Tanger au Maroc quand le Kangoo sera assemblé à Maubeuge. Vous l’aurez compris, pour cet Express nouvelle génération, les portes arrière latérales seront bel et bien coulissantes mais il y aura toujours un montant central et sa gamme de motorisations ne comptera ni hybride, ni électrique. Il faudra se contenter d’un seul bloc diesel, le Blue dCi 95.

Tags: